L'Avenir Agricole et Rural 20 juin 2019 à 09h00 | Par T MORILLON

À la découverte des acteurs de la filière bio

Les Chambres d’agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne ont organisé la deuxième édition du Declic Bio le 13 juin, qui cette fois-ci était sur une exploitation, au GAEC du Moulinot à Champigny-les-Langres. Le public a répondu présent.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Des représentants de coopératives ont répondu aux questions du public, Thomas CLAISER (Soufflet), Christophe VIVIER (COCEBI) et Anne MORELLATO (Probiolor).
Des représentants de coopératives ont répondu aux questions du public, Thomas CLAISER (Soufflet), Christophe VIVIER (COCEBI) et Anne MORELLATO (Probiolor). - © TM

La filière bio était bien représentée pour cette deuxième édition de Declic Bio. Les agriculteurs (bio et en conventionnel) ont échangé avec les professionnels tout au long de la journée pour avoir des réponses à leurs interrogations. Cette année, le thème central était la gestion des récoltes pour optimiser les revenus, d’ailleurs la journée s’est terminée par la visite des installations de tri et de stockage du GAEC du Moulinot.

Semer en pensant aux marchés
Lors de la première table ronde, des représentants de coopératives ont été interrogés sur l’avenir du marché bio. Pour Thomas Claiser, du groupe Soufflet, l’enjeu est de créer des filières dans la durée en essayant de contractualiser des volumes avec une juste répartition de la valeur ajoutée. « Notre stratégie c’est de contractualiser au maximum des cultures et des volumes qui correspondent aux marchés. Une contractualisation qui peut durer jusqu’à 3 ans, pour plus de visibilité pour l’exploitant ».

Un stockage individuel

La COCEBI encourage le stockage à la ferme via des primes. Probiolor a mis en place des fermes relais, en ayant recours à des exploitations qui ont des surcapacités de stockage. « C’est plus facile de stocker chez vous car vous avez beaucoup de cultures différentes » souligne Anne Morellato, « de plus vous gagnez en autonomie car saurez trier et stocker vos semences à l’avenir ». Le groupe Soufflet, qui a récolté 18 000 T de céréales bio sur 3 silos l’année dernière, recherche des partenariats de stockage chez des agriculteurs afin de favoriser les gros lots.

Quel avenir ?

La SAU française bio a doublé en quelques années, « on va passer d’un marché de niche à un marché de gros » prévient Thomas Claiser qui rappelle qu’il y a des parts de marché à gagner, par exemple la France a un déficit de 50 à 60 000 tonnes en blé bio. Christophe Vivier, de la COCEBI , indique que les interlocuteurs sont le plus en plus attentifs à l’origine des produits : les consommateurs, la grande distribution, les magasins spécialisés bio... « L’origine France sera un enjeu principal pour l’avenir du bio » explique-t-il « même si la grande distribution n’hésite pas à recourir à de l’importation quand la différence de prix est trop grande avec le bio français. D’ailleurs, peut-être qu’à l’avenir, nous aurons le bio haut de gamme français d’un côté et de l’autre un bio standard importé... ».

Les coûts supplémentaires

La question du surcoût du bio a été abordée. Par exemple, si on a déjà un local de découpe de viande en conventionnel, il faudra en refaire un nouveau spécifiquement pour le bio car on ne peut travailler les deux produits au même endroit. Et ce coût supplémentaire n’est pas forcément compensé par les volumes. À chacun sa stratégie pour y faire face, par exemple Soufflet essaye de réduire ses coûts en faisant au maximum du « direct usine » ce qui permet de supprimer un intermédiaire.
«On peut conserver des prix rémunérateurs si on structure bien les filières» rassure Christophe Vivier, et même si la logistique n’est pas aussi développée qu’en conventionnel, «elle devrait évoluer avec l’augmentation des volumes, mais pour l’instant ils sont encore insuffisants». Autre stratégie : défendre les prix et jouer sur le report de stock, mais tout en faisant attention à la bonne conservation des cultures.

Vous pourrez retrouver la sutie de cet article dans notre édition du 21 juin 2019.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2574 | novembre 2019

Dernier numéro
N° 2574 | novembre 2019

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS
L’actualité en direct
Chambre d'agriculture

    Les ARTICLES LES PLUS...

    Voir tous

    Voir tous

    À LA UNE DANS LES RÉGIONS

    » voir toutes 22 unes régionales aujourd'hui