L'Avenir Agricole et Rural 09 mars 2017 à 08h00 | Par D. Coueffe - D. CAILLAUD

580 000 litres de lait avec de l’herbe au GAEC de la Grosse Haie

Alphonse et Frédéric TIJS exploitent une ferme de 174 ha de prairies permanentes et 580 000 litres de lait à Mance en Meurthe et Moselle. La conduite de leur troupeau de 110 vaches laitières Pie Rouge des Plaines est basée sur l’ensilage d’herbe et le pâturage. Ce système herbager économe a permis de dégager un revenu correct au cours de ces dernières années malgré les aléas conjoncturels et climatiques.

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De gauche à droite, Alphonse, Damien et Frédéric TIJS
De gauche à droite, Alphonse, Damien et Frédéric TIJS - © DC

Une exploitation adaptée aux contraintes locales

Le terme de résilience comme nous l’avons défini dans nos articles précédents s’applique vraiment bien à cette exploitation. En effet, même si Alphonse et Frédéric TIJS subissent la crise laitière comme les autres éleveurs, le revenu dégagé par leur exploitation est relativement stable d’une année à l’autre et reste suffisant pour ne pas dégrader la trésorerie.

En 1962, Jean TIJS, le père de Frédéric et Alphonse, en provenance de Hollande, reprend avec son frère une ferme de 60 ha et 30 vaches à Mance près de Briey. En 1985, après plusieurs années de déboire avec leurs terres labourables, ils décident d’arrêter l’ensilage de maïs et les céréales pour s’orienter alors vers un système 100 % herbe. En effet la majorité de leurs sols sont constitués de plus de 60 % d’argile où seule la prairie permanente bien exploitée peut s’en tirer. Avec l’arrêt du maïs, la Pie Rouge des Plaines, race beaucoup plus rustique que la Prim’holstein, trouve naturellement sa place sur l’exploitation.

Une conduite simple

«Chez nous, pas de prise de tête», annonce d’entrée Frédéric. «Des vaches à 5 600 l, rustiques, des vêlages groupés en fin d’été, des génisses en vêlage 36 mois et une ration à base d’ensilage d’herbe en hiver et de pâturage en été». Du 1er octobre au 1er février, elles reçoivent 14 kg de MS d’ensilage d’herbe, 4 kg de MS de drèches de blé, 1 kg de correcteur azoté et 2 kg de farine de maïs. Du 1er février au 15 avril, avec l’avancée du stade de lactation, les éleveurs n’apportent plus de farine de maïs. Malgré l’importante disponibilité en surface autour du bâtiment, au printemps, les vaches ne peuvent malheureusement pas être conduites en plein pâturage. «Avec des terres à plus de 60 % d’argile, nos 110 laitières dégraderaient trop les 35 ha qui seraient nécessaires à un plein pâturage au printemps, nous avons donc fait le choix de les laisser sur les 10 ha les plus portants de notre ferme et de les compléter avec 10 kg de MS d’ensilage d’herbe et 2 kg de MS de drèche de blé», commente Alphonse. Vers le 15 mai, le silo d’herbe est fermé et les laitières récupèrent des surfaces ensilées début mai pour passer à un plein pâturage avec 2 kg de MS de drèches de blé. Le silo d’herbe est rouvert au 15 août, période où ont lieu les premiers vêlages.

Privilégier un ensilage d’herbe de qualité

«Sur notre exploitation, on n’a pas le droit de louper le mois de mai, ici notre moisson c’est au printemps !», commente Frédéric, «il faut que nous puissions rapidement récolter une grosse surface en herbe si une fenêtre météo se présente. En effet, pour produire du lait, nous devons récolter un ensilage d’herbe d’excellente qualité. Pour cela, nous n’hésitons pas à récolter tôt même s’il n’y a pas un gros rendement. On pourra toujours se rattraper sur la seconde coupe». En 2016, les frères TIJS ont récolté 116 ha d’ensilage entre le 18 avril et le 5 mai. Certes le rendement n’était pas élevé (1,8 tMS/ha), mais ils ont réalisé un fourrage d’excellente qualité avant les fortes pluies de juin. Au 25 juin, alors que la plupart des éleveurs effectuaient seulement leur première coupe, eux ont récolté 50 ha d’ensilage d’herbe en seconde coupe avec un rendement de 4.2 tMS/ha. «Un ensilage d’herbe de qualité, cela nous permet de produire plus de lait par vache et surtout de faire des économies en concentrés», ajoute Alphonse. Mais pour récolter de telles surfaces, les éleveurs sont bien équipés en matériel de fenaison : deux faucheuses de 3 m, une faneuse de 13 m et un andaineur de 8 m. «Cet équipement nous permet par exemple de faucher 40 ha le lundi après midi, de faner le mardi matin, d’andainer le mardi soir. Le mercredi, nous faisons appel à une entreprise qui récolte notre ensilage avec une autochargeuse de 72 m3. Ainsi, Alphonse relève le tas et moi je tasse en permanence» commente Frédéric. «Lorsque nos 4 silos d’une capacité de 2400 m3 sont pleins et que nous avons eu la chance de faire de la qualité, nous dormons mieux car nous savons que nous avons passé l’étape la plus délicate de l’année pour dégager un bon revenu».

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 10 mars 2017.

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